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Photo Yves JeanBienvenue dans le cours Gestion des zones côtières : écotourisme et activités d’observation des mammifères marins, qui s’inscrit dans les programmes de deuxième cycle en gestion intégrée des zones côtières (programme court de 2e cycle) et en environnement international (programme court et deux profils du diplôme d’études supérieures spécialisées [DESS]). Ce cours peut également être suivi dans tout programme de cycle supérieur, au Canada comme à l’étranger.

La gestion des zones côtières et des océans est un enjeu international de première importance et bien reconnu. Le chapitre 17 du document Action 21, issu de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement (1992), traite de la protection des océans, des mers et des zones côtières. Les zones côtières forment l’interface entre la terre et la mer. Elles sont caractérisées par des processus biogéochimiques et des écosystèmes complexes, un lien étroit entre les systèmes aquatiques et continentaux et une forte influence de l’activité humaine. L’importance du sujet est illustrée par le fait que 60 % de la population mondiale vit à l’intérieur de 200 km des côtes (IOC 2005), et cette population est appelée à croître dans les décennies prochaines, en particulier dans les pays en développement. Les zones côtières et l’océan subissent une surutilisation de leurs ressources, accompagnée d’une dégradation physique et de pollutions d’origine anthropique, en plus des effets des changements climatiques. La gestion intégrée des zones côtières (GIZC) consiste en un processus de décision rationnel d’utilisation durable des ressources côtières et océaniques, qui vise à transcender les limitations des approches sectorielles, de la fragmentation des niveaux de responsabilité et du découplage entre les systèmes terrestres et aquatiques (Cicin‑Sain et Knecht 1998). Cette gestion concerne les nombreux acteurs institutionnels, scientifiques, industriels et sociétaux (IOC 2005). La GIZC s’impose depuis longtemps comme la méthode de gestion des littoraux. Elle a été préconisée par les organismes internationaux, notamment lors du Sommet de Johannesburg, et elle est ancrée dans les politiques de l’Union européenne (EC 2010) et de nombreux pays, à l’instar de la France (MEEDDM 2010) et du Canada, en ce qui concerne ses pêches (MPO 2010).

La gestion internationale des zones côtières comprend de grandes thématiques, qu’on trouve partout sur la planète. Le cas de « l’industrie des activités d’observation des mammifères marins (AOMM) », aussi appelée whale watching (WW)1 en anglais, constitue un magnifique exemple du domaine, en raison de l’interaction complexe de plusieurs composantes — biologiques, écologiques, sociales, économiques, juridiques et politiques — qu’il suppose. Ces interactions requièrent la participation de plusieurs acteurs et intervenants du milieu : les excursionnistes eux‑mêmes, les propriétaires d’entreprises d’excursions (opérateurs), les capitaines et les naturalistes, les intervenants du milieu touristique (hôtellerie, restauration, etc.), les scientifiques du domaine et l’ensemble du milieu communautaire où se déroulent les activités.

Les AOMM ont commencé dans les années 1940 à partir des côtes californiennes, et la première opération « commerciale » en bateau s’est déroulée en 1955 lorsqu’un pêcheur californien a « facturé un dollar américain » pour faire voir des baleines grises (Hoyt 2009). Les activités d’observation à plus large échelle ont commencé à être reconnues dans les années 1970 quand la sensibilité aux questions environnementales a gagné en popularité. Le domaine a été véritablement « consacré » dans les années 1980 lorsque la Commission baleinière internationale (CBI2) a décrété, en 1983, un moratoire sur la chasse aux cétacés, moratoire qui est entré en vigueur en 1986. Les activités d’observation sont alors devenues une solution de rechange populaire à la chasse aux baleines dans la plupart des pays. Quelques pays (Japon, Norvège, Islande) effectuent encore une chasse dite « scientifique » (Japon) ou commerciale (Norvège et Islande). Certains pays, comme l’Islande, pratiquent même les deux types d’activités, soit la chasse et les AOMM.

Depuis quelques décennies, l’observation des mammifères marins est l’une des industries du tourisme en très forte croissance dans le monde entier. De plus, elle est considérée comme une stratégie de développement durable favorisant la conservation des cétacés et le développement des communautés côtières. De nombreux pays ont investi dans ce domaine : on compte environ 13 millions d’observateurs annuellement et, en 2009, les activités d’observation en mer ont permis de réaliser des revenus estimés à 2,1 milliards de dollars américains et soutenu environ 13 000 emplois (Cisneros‑Montemayor et al. 2010; O’Connor et al. 2009).

À travers le monde, plus de 500 communautés pratiquent des activités d’observation en mer. Au Québec, la région de Tadoussac, en plein cœur du parc marin du Saguenay–Saint-Laurent (PMSSL), constitue l’une de ces communautés, d’ailleurs l’une des industries parmi les plus importantes au monde. L’industrie maritime amène dans la région plus de 500 000 visiteurs, qui y passent chaque été, contribuant à la création de plus de 2 000 emplois et générant des retombées économiques dans la région de plus de 200 millions de dollars (Gosselin 2009).

Les AOMM sont un sujet tout indiqué pour illustrer à l’échelle mondiale la notion de gestion durable. Le nouveau cours ENV 6010 vise à la fois à vous doter de connaissances fondamentales et à vous mener à une réflexion plus approfondie sur le rôle des trois grandes sphères du développement durable. Les aspects d’interdisciplinarité, la prise de conscience des problèmes d’actualité et une réflexion critique sur les sujets proposés sont des éléments clés de ce nouveau cours. Ce dernier permettra également de mettre l’accent sur l’aspect international des problèmes environnementaux du milieu marin. Couvrant 70 % de la planète, les océans et les milieux marins constituent un enjeu de taille lorsqu’on parle de conservation, de gestion, d’éducation et de sensibilisation.

Le cours revêt donc une grande importance dans la formation des programmes de deuxième cycle. Les ouvrages sur le sujet ne sont pas très nombreux; quoi qu’il en soit, le cours vous présente une série d’articles et de rapports scientifiques soigneusement choisis, de même qu’une série d’outils audiovisuels. Libre à vous de continuer d’enrichir vous‑même votre collection. L’utilisation des réseaux sociaux vous permettra également d’aller chercher plusieurs informations sous forme de capsules vidéo et autres. Je vous encourage donc à vous abonner à différentes organisations (voir les références dans les différents modules) qui traitent des mammifères marins et de leur conservation.

Enfin, je vous recommande fortement, dès le début du cours, de parcourir au complet le guide d’étude. Lisez attentivement la section sur le travail de session, qui devra porter sur un sujet de pointe qui vous sera proposé. J’ai intégré dans le matériel pédagogique les entrevues que j’ai réalisées avec des experts du pays et du monde entier lors de mon projet Sur la route de la baleine à bosse (Humpback Journey3), de la République dominicaine jusque dans l’estuaire du Saint‑Laurent. Ce projet a été réalisé en 2012 au cours de mon année sabbatique au Centre océanographique de la Nova Southeastern University, en Floride (États‑Unis). Je vous inviterais également à visionner la série télévisée intitulée Sur le Saint Laurent, coproduite par Télé‑Québec, Canal Savoir, la Fédération canadienne de la faune et la TÉLUQ en 2012, et diffusée pour la première fois en 2013.

Note. – Dans le présent site Web, le générique masculin est utilisé sans discrimination et uniquement dans le but d’alléger le texte.

1Le terme anglais whale watching est souvent utilisé dans la littérature scientifique en français.

2En anglais : International Whaling Commission (IWC).

3Voir la section « Matériel pédagogique » pour plus de détails sur mes projets cinématographiques.